Communiqué de presse de SACC, 28 Novembre 2011
Extradition row: Solitary Confinement must stop, says rights group (en Anglais)


Communiqué de presse de StopIsolation, 13 Décembre 2010

Mettons un terme à l'incarcération cellulaire individuelle et à l'isolement des prisonniers

Des personnages publics, intellectuels, anciens prisonniers et militants pour les Droits de l'Homme ont marqué la Journée Internationale des Droits de l'Homme, qui s'est tenue le vendredi 10 décembre, par la publication d'un communiqué appelant à une interdiction internationale de l'incarcération cellulaire individuelle à long terme et à l'isolement des prisonniers.

Les partisans de ce communiqué comptent parmi eux l'universitaire américain Noam Chomsky, l'auteur et poète de nationalité américaine Alice Walker, l'ancien prisonnier de Guantanamo Moazzam Begg, les anciens prisonniers Paddy Hill et Gerry Conlon ( condamnés à tort pour les attentats à la bombe de l'IRA ), l'ancien otage à Beirut Terry Waite, l'avocat Maître Clive Stafford Smith, l'avocat Maître Michael Mansfield QC, le Professeur émérite David Brown (Université de Nouvelle-Galles du Sud, en Australie), ainsi que Richard Haley (Président, Scotland Against Criminalising Communities).

Le 10 décembre est la Journée Internationale des Droits de l'Homme et marque l'anniversaire de la proclamation en 1948 de la Déclaration Universelle des Droits de l'Homme par l'Assemblée Générale de l'Organisation des Nations Unies.

La déclaration de StopIsolation stipule que l'isolement à long terme forcé enfreint, dans tous les cas, l'Article 5 de la Déclaration des Droits de l'Homme qui stipule que "nul ne sera soumis à la torture, ni à des peines ou traitements cruels, inhumains ou dégradants" et l'Article 3 de la Convention Européenne sur les Droits de l'Homme qui stipule que "nul ne peut être soumis à la torture ni à des peines ou traitements inhumains ou dégradants."

Le communiqué a été publié sur un nouveau site internet, www.stopisolation.org, qui vise à encourager la collaboration internationale pour mettre un terme à l'incarcération cellulaire individuelle à long terme.

Clive Stafford Smith a déclaré:

"L'incarcération cellulaire individuelle est l'une des techniques utilisées pour "casser" les prisonniers dans la Baie de Guantanamo. À mon grand désarroi, je peux affirmer qu'elle a l'effet ignoble désiré et qu'elle a causé de graves problèmes sur la santé mentale des personnes que je représente. Nous devrions laisser derrière nous ces affreuses expériences humaines."

David Brown a déclaré:

"L'incarcération cellulaire individuelle et autres formes d'isolement sont une caractéristique des systèmes pénitentiaires australiens depuis la colonisation, qu'elles fassent partie d'une "peine pour récidive" ou de présumés régimes "de redressement". Aujourd'hui, elle est utilisée de la façon la plus sévère qui soit dans les unités de haute sécurité et dites "supermax", telles que l'Unité de Gestion à Haut Risque de Goulburn (HRMU, ou 'harm-u',1 comme les prisonniers l'appellent) en Nouvelle-Galles du Sud et l'Unité de Haute Sécurité de Barwon Melaleuca en Victoria. La leçon historique à tirer de ces différentes mutations des régimes de haute sécurité ayant recours à l'incarcération cellulaire individuelle, qu'elle vise le châtiment ou un changement chez le prisonnier, est que les conséquences comprennent des dommages physiques et mentaux à long terme, ainsi qu'une violence et une brutalité accrues. Dans un cercle vicieux pervers, de tels régimes engendrent la démence, la rage et la violence dues à l'isolement, puis ces mêmes démence, rage et violence sont ensuite citées pour justifier la nécessité de recourir à de tels régimes. Il est temps de tirer des leçons de l'histoire et de rompre ce cercle vicieux en mettant un terme à l'isolement en encourageant, à la place, les relations sociales et en promouvant la citoyenneté et les droits de l'homme discursifs des prisonniers."

Richard Haley a déclaré:

"L'incarcération cellulaire individuelle est l'un des éléphants des "révolutions de salon" de la loi internationale sur les Droits de l'Homme. Elle est tellement répandue aux États-Unis, où des dizaines de milliers de prisonniers sont maintenus en isolement, que les défenseurs des Droits de l'Homme se sont parfois montrés réticents à dire clairement que l'isolement à long terme reste une violation des Droits de l'Homme. Le destin des prisonniers du monde entier nous concerne tous puisque, comme nous le rappelle la Déclaration des Droits de l'Homme, nous appartenons tous à la grande famille qu'est l'humanité. Mais également parce que les citoyens d'Europe peuvent se retrouver confrontés à des années d'incarcération cellulaire individuelle s'ils sont extradés aux États-Unis. Il est temps de proscrire l'incarcération cellulaire individuelle et de proscrire le transfert de prisonniers dans des lieux où ils risqueraient l'incarcération cellulaire individuelle."

1 "harm-u" est un surnom donné par les prisonniers jouant sur la phonétique du sigle HRMU et signifie "Fais-moi souffrir".